Cousinage et pourtant Alliance

LE " COUSINAGE " DE CHARLES BISEAU ET MARIE BAILLET

Ce cousinage m'a été révélé par les Mémoires de ma tante Antoinette BAILLET, dont Isabelle DOUBLET, sa petite-fille, m'a récemment communiqué quelques  extraits (voir page suivante). Il y apparaît en effet que Charles BISEAU est le neveu de la cousine SALMON de Noyon, elle-même descendante, comme Marie BAILLET, de Jean-Baptiste LANGEVIN.
N'ayant jamais entendu parler d'un tel cousinage, j'ai d' abord pensé, bien sûr, qu' il s' agissait d' une erreur, mais, à la réflexion, comment mettre en doute les dires de celle qui considérait ma grand-mère, sa belle-sœur, comme sa "chère petite sœur" et en était la "confidente" ?
Il existait à l'évidence une explication : elle se trouvait dans le carnet de mon oncle Jules BAILLET sur la branche LANGEVIN.

En fait, Charles et Marie n'étaient pas vraiment cousins, n'ayant aucun ascendant direct en commun, mais étaient considérés comme tels par la vertu du remariage de notre aïeul Jules BRIERE, que Louise-Agathe GRUET, sa première femme, avait laissé veuf avec une petite fille âgée d'un an, Marie-Agathe.
A l'évidence, Mélanie du CASTEL, la seconde épouse de Jules BRIERE et, avec elle, toute la famille du CASTEL, dont en particulier Sophie SALMON, adoptèrent Marie-Agathe comme une des leurs. 
Elle eut deux demi-sœurs, dont une, Valentine épousa Augustin BAUDOUX et un demi-frère, René, qui devait relever le nom de la HOSSERAYE.

L'attachement de Marie-Agathe, puis de ses fils Charles et Paul, à Mélanie du CASTEL, qui remplaça auprès d'eux Louise-Agathe GRUET, leur véritable mère et grand-mère, avait toute l'apparence d'un "cousinage" (Ernestine BAILLET, dite Tantine, dans une lettre à sa cousine SALMON, parlait ainsi de ses neveux BISEAU).
Plus tard, Charles appelait très naturellement "Bonne-Maman" celle qui avait remplacé sa grand-mère et était arrière-petite-fille de Jean-Baptiste LANGEVIN. Pour les siens, Charles, comme son frère Paul, passait pour un LANGEVIN (lui-même, notait dans son Journal (voir page suivante) : " comme nous étions cousins..." ), mais étant en fait un GRUET, rien ne s'opposait à son mariage en 1897 avec sa soi-disant "cousine" Marie BAILLET, arrière-arrière-petite-fille du même Jean-Baptiste.

                                                                                                                                                     Joël, avril 2000.

L'ALLIANCE BISEAU - BAILLET

D' après les Mémoires d' Antoinette BAILLET

Son Directeur de conscience lui ayant conseillé de fonder une famille plutôt que d'entrer au Carmel, Marie, ma chère petite sœur dont j'étais la confidente, m'avait fait part de divers projets, mais, un jour, Tantine (Ernestine, sœur célibataire d' Auguste) me dit : "Je vais en faire à ma tête". Elle écrivit à la cousine SALMON de Noyon au sujet de ses neveux BISEAU.
L'aîné, Paul, ne désirant pas se marier, ce fut le second, Charles, que Marie rencontra lors d'un bal costumé où elle parut, charmante, habillée en printemps . . .
Tantine écrivait au moment des fiançailles : "Oui, je crois que nous allons marier Marie et je trouve que nous ne pouvions mieux rencontrer pour son bonheur et celui de son entourage : même éducation, même famille, même sentiments religieux, délicatesse de cœur, nature affectueuse, tout se réunit pour rendre une femme heureuse".

Extraits du Journal de Charles Biseau

" En novembre ou décembre 1896, Monsieur Baillet et Marie, faisant des visites de famille à Paris après être allés à Noyon, viennent place Passy. Je me trouvais alors à Bayonne en service pour la Compagnie des Chemins de Fer de l' Ouest. En février, je m'arrête à Orléans aux Augustins en revenant d'un voyage à Bayonne. Madame Baillet (Maman Mère) m'accueille très aimablement. Cet arrêt à Orléans avait été préparé par Madame Salmon, Bonne Maman Brière, Madame Baillet et Monsieur Baillet, qui avaient vu, les premiers, la possibilité d'un mariage. Marie, dit-elle, savait à quoi s'en tenir. Les Jules, Gabriel et Fandeux étaient présents. Marie, pour me faire plaisir, met son costume rose "printemps" qu'elle portait au bal de tante Paul. Elle met la conversation sur le mariage.
J'avais un souvenir très net de Marie Baillet âgée de dix à douze ans. Nous avions joué ensemble au croquet sur la plage de Langrune. Paul et moi séjournions alors chez Bonne Maman à Luc-sur-Mer.
Les pourparlers continuent entre Orléans, Noyon, Passy. Je vais en mars passer un Dimanche à Blois, où Marie se trouvait chez Léonie. Nous faisons ensemble l'excursion de Chambord.
La demande est faite officiellement le 4 avril. Gabriel, toujours délicat, vient au salon nous l'annoncer avec joie.
Les fiançailles se font le mardi de Pâques 20 avril. Le matin, Marie et moi, avons communié.

Nos fiançailles du 20 avril au 23 juin ont été pour nous deux un temps charmant. Sans souci sérieux, on ne rêve qu'amour, on aspire après l' union désirée. L'intimité s'établit, on se livre ses pensées, ses désirs, son affection. Comme nous étions cousins, on nous laissait seuls et nous nous écrivions chaque jour, en secret il est vrai.
Maman Mère aimait à nous donner des conseils d'ordre très élevé, sur la nécessité de s'appuyer sur Dieu, soutien indispensable dans les luttes et les épreuves de la vie. "Bien souvent, disait-elle, on sent tout manquer ; la foi et la confiance en Dieu peuvent seules rendre l'énergie et la force. Il faut aussi s'appuyer l'un sur l'autre".

Le mariage civil a été prononcé le 22. Les témoins étaient mes oncles René Brière, Alexandre Baudoux, Monsieur Alexandre Jaquemet et Monsieur Albert Baillet, Directeur du Chemin de Fer de Chimay. Le soir même, dîner de contrat aux Augustins.
Le mariage a lieu le mercredi 23 juin à Saint-Marceau. Marie et moi avions communié la veille.
Avant le départ pour l'église, Maman Mère (Sidonie Langevin) nous a bénis. Bonne Maman (Mélanie du CASTEL) assistait aussi au mariage. Elle et Maman Mère étaient radieuses. Le Révérend Père Henri Jaquemet nous marie.
Grande réception aux Augustins, dîner et bal à l’Institut, 72 à 80 personnes au dîner. Monsieur Baillet, Jules Baillet, Louis et Augustin portent des toasts.

Marie et moi allons le 24 au matin au cimetière prier sur la tombe de sa Maman. Je lui promets de m'efforcer de remplacer sa mère auprès d’elle en lui donnant toute mon affection. Sa Maman nous aidera et nous bénira.
Le 24 à midi, dîner d'adieux. Les frères et sœurs y assistent, ainsi que mes parents, Bonne Maman, les Baudoux, les Brière et la famille Renard.
Du 24 au 27, Marie et moi séjournons place Passy.
Du 27 juin au 15 juillet, voyage de noces en Suisse, Lyon où le cardinal Coullié nous bénit. Séjour à Genève, Interlaken, Lucerne. Intimité charmante. Le calme et la beauté de la nature donnent au corps le repos, à l'esprit des jouissances, pendant que les cœurs s'épanchent et se pénètrent réciproquement.
Le 15 juillet, retour à Paris. Nous allons ensuite à Liesse faire visite à l'oncle l'Abbé et à Noyon, puis à Orléans pour les visites de noces et à Lion-sur-Mer voir les Gabriel.
Le 14 août, entrés dans notre appartement, 27 rue Vital. Nous avons Julienne comme cuisinière".

 

 

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