Les Du Buc

LES DU BUC

La lignée des du Buc (d'après "Si la Martinique m'était contée" d'Yvan Brunet du Buc)

Jean VI du Buc du Fontenil, noble Seigneur Normand, Chevalier, Sergent Royal de la Marine, participe avec son voisin et ami Pierre Belain d'Esnambuc à la première vraie conquête française des Antilles. Sur l'ordre du Cardinal de Richelieu, les trois hommes embarquent en 1626 pour prendre possession de l'île de Saint-Christophe (St Kitts alors occupée par des indiens caraïbes).
En 1635, Jean VI du Buc, Jean du Plessis et Charles Liénard montent une nouvelle expédition qui les conduit le 23 juin 1635 sur la plage du Carbet en Martinique. Face à la férocité des indiens caraïbes, ils n'y séjournent pas plus de 3 jours. La conquête réelle de la Martinique par la Françe commence en septembre 1635, avec un débarquement conduit par d'Esnambuc. Il n'en reste pas moins que Jean VI du Buc y devança Pierre Belain d'Esnambuc. Il meurt en 1666.
En 1657, Pierre III du Buc, fils de Jean VI, tue son cousin le chevalier Antoine de Biencourt dans un duel sans cause connue. Pour ce fait condamnable, il est recherché par les mousquetaires du roi. Grâce à son père, Pierre embarque discrètement à Dieppe, destination la Martinique. Il y débute sa nouvelle existence sous le nom de Pierre Dubuc, "habitant sucrier", s'enrichit et, à force d'exploits comme capitaine de milice, retrouve ses lettres de noblesse.
Pierre du Buc est à l'origine d'une longue et abondante lignée qui de 1657 à 1850 s'est développée à la Martinique sur sept générations, acquérant peu à peu un renom au-delà de l'île, certains du Buc accédant à des positions enviables dans le Royaume de France, parfois même assez proches du Roi.
                                                                                                          

                                                                                                                                                   
              Pierre III du Buc              

                                                                                                                       

La légende d'Aimée (d'après "Si la Martinique m'était contée" d'Yvan Brunet du Buc)

Marie-Josèphe-Rose de Tascher de la Pagerie et sa cousine Aimée du Buc, arrière-arrière petite-fille de Pierre du Buc rencontrent un jour une vieille négresse qui leur prédit une destinée de reines, lançant ainsi la légende autour de la vie extraordinaire d'Aimée. Cette légende fait l'objet en 1983 d'un best-seller de Michel de Grèce, "La nuit du Sérail", d'un film "Angélique, Marquise des Anges" de Robert Hossein, d'un opéra "Aline, reine de Golconde", et de nombreuses autres parutions...                                                                                                                                                                           

Aimée du Buc de Rivery

A 10 ans et demi, Aimée part de Nantes en 1788 pour un retour en Martinique. Son bateau fait naufrage. Sauvée de la noyade par un navire espagnol, ce dernier se fait appréhender par des pirates... Ainsi, se dessine un destin étonnant, qui passe par l'Algérie, le harem de Constantinople, pour la conduire au rang suprême de Sultane Validé en 1808, sous le règne de Mahmoud II. Une histoire qui s'inscrit dans les relations diplomatiques courtoises entre la France et la Turquie de l'époque, empires dont les deux femmes d'influence étaient cousines martiniquaises...Deux souverains turcs aimèrent la belle Aimée du Buc de Rivery. Son surnom turc est "Nakchidil" ("Empreinte du Cœur").

Le mythe de la Sultane Validé  (d''après "J'ai assassiné la sultane Validé" de Jacques Petitjean Roget)

Des quatre filles d'Henry Jacob Dubuq de Rivery, trois sont enterrées à la Martinique. La quatrième, Rose Henriette Germaine, née en 1778, est très vraisemblablement Aimée Dubuq de Rivery pour avoir bénéficié du report du prénom de sa sœur décédée à l'âge de 5 ans. Elevée à Nantes chez les Dames de la Visitation, elle est renvoyée par sa famille à la Martinique au printemps 1789 en raison des troubles pré-révolutionnaires que connaît alors la France. Comme le croira sa famille, son bateau fait naufrage et l'on n'entendra plus jamais parler d'elle jusqu'en 1817 à la mort de la Sultane Validé, mère du sultan Mahmoud. Naît alors à Constantinople le mythe d'une petite martiniquaise devenue Sultane Validé après avoir été enlevée par des barbaresques. Ce mythe trouve son origine dans un conte de Louis François Dubuc, signé Saint-Raymond, inspiré par les rumeurs incontrôlables recueillies par un drogman au moment des funérailles de la Sultane et publié dans le journal "Le Régulateur"sous la forme d'un feuilleton en novembre 1820. Le récit du drogman ouvre alors à Marie-Victoire Dubuq de Rivery, sœur d'Aimée, la perspective de bénéficier des magnificences du sultan Mahmoud II, son neveu. Cédant probablement aux pressions de son épouse, écrasée par la charge de son habitation sucrière de la Pointe Royale, Charles Marlet fait paraître dans "Le Régulateur" une lettre où il prétend à la parenté de sa belle-sœur avec le sultan régnant, exploitant ainsi la rumeur à des fins bassement matérielles. 

Le mythe fera plus tard l'objet de nombreux ouvrages, dont, en 1932 et 1937, ceux de Madame du Theil, dernière à avoir porté le nom de du Buc, qui s'efforce en vain de prouver que la Sultane Validé, reconnue pour avoir exercé une grande influence en faveur de la France à la cour de Turquie vers 1809, ne pouvait avoir été que sa cousine Aimée.

Michel de Grèce, lui, récuse le mythe en faisant de son livre "La Nuit du Sérail" les Mémoires d'Aimée Dubuc de Riverie, utilisant ainsi l'artifice littéraire qui consiste pour l'auteur à s'abriter derrière une créature de son imagination. Il respecte pourtant le schéma général du mythe tout en y introduisant plusieurs personnages historiques, dont en particulier la pseudo-cousine Joséphine Tascher de la Pagerie. Par elle interposée, il assouvit sa haine contre les Bonaparte, au mépris de l'Histoire, et, par Aimée dont il fait le Deus ex machina de la politique de la Turquie, il bâtit une Histoire qui répond à ses aspirations profondes. 

"J'ai assassiné la Sultane Validé" de Jacques Petitjean Roget raconte la saga du mythe qui, construit sur Aimée Dubuq de Rivery à partir de rumeurs incontrôlables, a longtemps suscité rêves et passions, alors qu'Aimée, née en 1778 et partie de Nantes pour la Martinique fin 1788 ou début 1789 , ne pouvait avoir donné naissance en 1785 au futur Mahmoud II…

Quant au cousinage d'Aimée et de Joséphine Tascher de la Pagerie, son aînée de dix ans, il est dû à l'imagination de Xavier Eyma qui signe dans l'Illustration du 11 février 1854 un article bien dans l'atmosphère d'une époque qui privilégiait le resserrement des liens avec l'empire ottoman à la veille de la guerre de Crimée. L'auteur y affirme alors que le sultan Abdul Medjid et Napoléon III sont tous deux petits-fils de créoles de la Martinique, appartenant à deux familles de position élevée de la colonie, donc bien évidemment cousines (ce qui s'avère faux puisqu'il n'y a pas entre elles de cousinage à moins du huitième degré légal).

 

 

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